
C'est en 1999 que j’ai plié bagages pour me lancer dans une formidable aventure.
J’ai donné tout ce que j’avais dans mon appartement à Amiens en France. Il ne me restait que 2 valises et une malle.
Je n’avais presque plus rien, mais j’étais tellement heureux.
Pendant plus d’un an déjà mon coeur était déchiré pour les nombreux enfants des rues au Cambodge.
Quand je suis arrivé à Phnom Penh, le 24 septembre 1999, je ne connaissais pratiquement personne, je n’avais jamais mis les pieds en Asie et je ne savais pas un mot de Khmer.
C’est au sein de la mission WEC que j’ai commencé. Essentiellement à bord d’un bus de secours qui tous les jours apportait aide et soutien aux enfants vivant sur les trottoirs.
En 2004, nous avons ouvert un centre d’accueil de jour pour les enfants, ‘Le Pont de l’Espoir’, non loin de la décharge publique de Steung Menchey.
Puis en 2010, un nouveau programme, sous l’égide de l’église international ICA, a vu le jour.
Jésus dit: ‘Si un enfant ou un animal tombait dans un puits le jour du Sabbat, n’iriez vous pas immédiatement le secourir’?
Des milliers d’enfants arrivent dans les grandes villes telles que Phnom Penh, Bangkok ou Manille à la recherche d’une vie meilleure. Mais lorsqu’ils arrivent, ils tombent dans le puits, dans la fosse. La fosse du travail forcé.
Une grande partie finit à travailler à la rue. La fosse est bien trop profonde pour pouvoir y sortir. Ils sont condamnés à vivre dans la boue pour qui sait combien de temps…
Ils vont grandir dans cette fosse. Ils se marieront et auront des enfants dans la fosse. Beaucoup mourront là.
La plupart des gens, bien que touchés par les besoins des enfants de rues au fond du trou sont trop occupés pour s’impliquer à sauver ces enfants.
Certains avec quelques bonnes intentions jetteront du pain ou du riz dans la fosse. Mais au bout du compte les enfants sont toujours prisonniers de la fosse. Ils continuent à ramasser, comme a Phnom Penh, des ordures dans les rues. Ils continuent à mendier. Ils continuent à vendre leur corps.
Un médecin qui a donné un an de sa vie a secourir les enfants des rues en Bolivie a écrit: ‘Un bébé d’ une famille riche coincé au fond d’un puits créera plus d’ anxiété a travers le monde que pour les 100 millions d’enfants des pays en développement abandonnés a la rue.’
Mais il y a de l’espoir!
Prés du puits, il y a une corde. Une corde suffisamment longue pour atteindre les enfants.
Tant qu’il y a quelqu’un qui tient la corde, ces garçons et ces filles pourront éventuellement sortir du trou et retrouver la liberté.
A Phnom Penh ou nous travaillons il y a maintenant des centaines d’églises. Potentiellement il y a suffisamment de chrétiens pour atteindre les milliers d’enfants des rues.
Le Programme ‘Bong Paoun’ a pour but de mobiliser des bénévoles (cambodgiens et expatriés) pour devenir des grands frères et grandes soeurs (‘Bongs’) auprès des enfants (petits frères/petites soeurs ou ‘paouns’) qui travaillent à la rue.
Chaque bénévole devient un ‘Bong’ d’un ou de plusieurs ‘paouns’ d’un bidonville. Le ‘Bong’ encourage son ou ses paouns à:
1) quitter la rue définitivement,
2) retourner à l’école et
3) si l’enfant le souhaite à rejoindre une église locale.
Le programme ‘Bong Paoun’ est en place dans 11 bidonvilles de Phnom Penh et compte plus de 25 volontaires. Plus nous aurons de ‘Bongs’, plus de ‘paouns’ pourront commencer une nouvelle vie.
Maira de Lima est depuis février 2012 la nouvelle Coordinatrice du Ministère Bong Paoun.
Timothée Paton,
Directeur
